
Photo : Anika Ste Marie
Fi rasi
Farah Boukhoms

Biographie
Je suis Farah Mon prénom signifie « joie » en arabe. Je viens d’un endroit où les mots ont du poids, où les noms portent des histoires.
J’ai grandi dans le nord de la France, au sein d’une famille algérienne. Bébé encore, j’étais posée sur les genoux de ma mère ou de mes tantes, et elles guidaient mes petits bras pour les faire danser sur le rythme de la musique, bien avant mes premiers pas. On dansait le Laâlaoui (danse traditionnelle algérienne), mais aussi sur les tubes R&B et hip-hop du début des années 2000. Pour nous, la musique et la danse sont un pilier. Un langage de joie, de peine, de résistance et de fête.
J’ai reçu cet héritage. Je l’ai accueilli. Je l’ai aussi transformé, parfois adapté, trop souvent, pour mieux entrer dans un monde qui regarde l’altérité de biais.
Enfant et adolescente, c’est notamment à travers la gymnastique rythmique que j’ai exploré le mouvement. Une pratique où le corps s’organise dans des formes précises . Et c’est à la fin du lycée que j’ai découvert la danse contemporaine. J’y ai senti une infinité d’ouvertures possibles. Mais pendant mes années d’études, j’ai tout mis de côté. J’ai fermé.
Puis j’ai tout repris. En y retournant, j’ai découvert des espaces de dialogue où mes héritages culturels et mon influence contemporaine pouvaient exister, respirer, s’entremêler. Depuis, mon geste s’articule entre racines profondes et élans nouveaux. Je cherche à créer des espaces où mon passé et mon présent se rencontrent, se répondent, se transforment. C’est là que je me trouve, c’est là que je danse
Note d'intention
Cette œuvre explore le thème de l’absence : celles et ceux qui ne partagent plus notre réalité physique, mais qui continuent d’habiter nos pensées, nos gestes et nos silences. Ces présences invisibles avec lesquelles je poursuis un dialogue intérieur, à voix basse, fait de souvenirs réels ou rêvés.
Je m’intéresse à la manière dont ces êtres perdus survivent en nous, aux traces qu’iels ont laissées, et à la façon dont iels se mêlent à notre présent. Comment leurs gestes, leurs voix, leurs odeurs sont inscrits et se transforment en nous. Comment leur évocation se traduit dans mes mouvements, mes danses ?
Entre mémoire et vie, ce solo invite à accueillir ces fragments d’absence avec apaisement, comme une danse intime où se mêlent douceur, lumière et peut-être joie

